Skip to content Skip to footer

Cette statue de la Vierge Marie, pour la photo que j’ai prise au sein de l’Eglise d’Argences Sur Aubrac, possède une iconographie et des détails symboliques très précis, caractéristiques d’une dévotion universellement célèbre, mais qui prend un sens tout particulier dans cette région de l’Aveyron que j’affectionne tout particulièrement.

Il s’agit sans équivoque d’une représentation de Notre-Dame de Lourdes, reproduisant fidèlement les détails décrits par Bernadette Soubirous lors des apparitions de 1858, avec sa robe blanche et un voile blanc, ceints d’une écharpe (ou ceinture) bleu azur qui tombe sur le devant.

Ses mains sont jointes dans une attitude de prière fervente.

Un grand chapelet aux grains sombres et à la chaîne dorée (ici suspendu de manière très visible à son bras droit et à ses mains) rappelle l’invitation à la prière.

Sur le socle, on distingue nettement deux roses rouges (ou dorées à l’origine) posées sur chaque pied nu de la Vierge. Selon le récit, ces roses symbolisent la présence divine et la beauté céleste au milieu de la simplicité de la grotte.

La statue repose sur une base imitant la roche de la grotte de Massabielle, avec en particulier une petite touche locale ou restaurée montrant un filet d’eau bleue, rappelant la source miraculeuse.

L’église de Sainte-Geneviève-sur-Argences est un édifice de style néo-gothique, reconstruit au XIXe siècle. Ce type de statue en plâtre polychrome ou en sainte-barbe a connu un essor phénoménal en France entre les années 1870 et 1920. Presque chaque église de l’Aveyron a installé son « autel de Lourdes » ou sa statue dédiée à cette période, portée par le grand élan de ferveur mariale du Rouergue.

La présence des cierges allumés au premier plan témoigne que cette statue n’est pas un simple élément de décor historique, mais un lieu de dévotion vivant.

Les habitants et les randonneurs de passage (notamment sur les variantes des chemins de Saint-Jacques ou de Saint-Chély) continuent d’y déposer leurs intentions.

À droite, on aperçoit une feuille de prière intitulée « Prière au moment de mettre un cierge », invitant le fidèle à transformer le geste d’allumer la flamme en un acte de foi symbolique.

« Seigneur, que ce cierge que je fais brûler soit lumière… ».

Le bouquet de fleurs fraîches (chrysanthèmes blancs et verts) à gauche de la Vierge confirme le soin et l’entretien régulier apportés à ce coin de l’église par les paroissiens, ce qui peut être rassurant à bien des égards dans ces temps de perdition où la foi chrétienne semble abandonnée par nos contemporains.

Close