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La bastide de Monpazier a été érigée par des corporations de bâtisseurs dotées d’un savoir-faire géométrique et ésotérique très poussé avec le compagnonnage dont les compagnons du devoir sont désormais les héritiers.

Cette auge fleurie, intégrée aujourd’hui sur un mur de pierres sèches, est très certainement le vestige d’un édifice plus ancien ou détruit, peut-être un linteau de porte, un fragment de sarcophage ou d’autel durant la révolution. Pour le passant ordinaire, il ne s’agit que d’un décor sculpté (lecture exotérique), mais pour l’Initié en ballade avec LA ROULOTTE AUX ORACLES, la disposition des colonnettes torsadées ou droites, le nombre d’arcades et la posture des mains des personnages constituent un code visuel destiné à préserver une mémoire historique ou spirituelle des assauts du temps et de l’Inquisition surtout en des temps troubles quand religion ne faisait pas bon ménage avec la spiritualité vivante, celle des Cathares en particulier puisque la région a été imprégnée par le catharisme, l’influence des Templiers et, plus tard, par les courants alchimiques et compagnonniques.

Si l’interprétation profane y voit une scène religieuse classique (mariage, sacre ou baptême), une lecture ésotérique peut y déceler la transmission d’un secret, l’imposition des mains (rappelant le Consolamentum cathare ou la transmission du savoir compagnonnique).

Le personnage central semble être ainsi le pivot d’un équilibre cosmique ou temporel.

À droite de la scène centrale, le personnage au bâton évoque immédiatement le pèlerin, le chercheur de vérité (sur les chemins de Saint-Jacques), ou le veilleur. Dans le langage hermétique, le bâton est l’axe du monde, le canal des énergies terrestres et célestes.

La dernière niche tout à fait à droite de l’auge montre un groupe de trois visages ou personnages serrés les uns contre les autres. Cela peut représenter la Sainte Famille ou tout simplement une communauté de fidèles, en focalisant sur le chiffre 3 qui est le nombre de la création, de la manifestation et de l’harmonie retrouvée (le Triangle, le Soufre-Mercure-Sel des alchimistes, ou la triade divine).

Placé à l’extrémité droite, ce groupe symbolise l’aboutissement du voyage initiatique représenté sur la frise : après les épreuves, les rituels et la marche, l’homme accède à l’unité spirituelle.

Cette photo que j’ai prise au hasard de mes déambulations en tant que Pèlerin de LA ROULOTTE AUX ORACLES, est une véritable invitation à la flânerie, un tableau vivant où le temps semble avoir suspendu son vol pour laisser place à la tendresse de la nature. Quittons un instant les symboles de pierre pour nous laisser envelopper par l’atmosphère poétique et bucolique de cette ruelle dérobée.

J’aime à exprimer ce que la campagne française a de plus intime et de plus précieux : l’harmonie parfaite entre l’œuvre de l’homme et la spontanéité de la flore. Les tuyaux de descente d’eau anciens, les murs aux enduits patinés et granuleux, et la mousse discrète qui s’immisce entre les galets du sol composent une symphonie pastorale.

C’est un lieu fait pour le silence, le murmure du vent dans les feuilles et le parfum de la terre mouillée après une ondée d’été. Une parenthèse intemporelle où l’âme peut simplement se poser et respirer.

Posés sur une petite table en fer forgé repliable, deux pots en terre cuite accueillent des géraniums. Ce geste simple d’habiter l’espace public, d’y déposer un peu de couleur et de vie, insuffle une chaleur profondément humaine à cette venelle. Plus loin, un buisson de fleurs roses ponctue le chemin comme une promesse.

L’allée s’étire, alternant le pavé ancien et la terre battue, pour s’ouvrir au fond sur une échappée de lumière et une petite porte bleue. C’est l’archétype du jardin secret, de la promenade où chaque pas est une invitation à la rêverie.

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