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LA ROULOTTE AUX ORACLES a stationné cette nuit près d’un gardien fidèle et intemporel avec ce calvaire qui incarne à merveille le « Gardien du Seuil » pour cette croix qui servait non seulement de limite ou de repère mais aussi de paratonnerre spirituel contre les mauvaises énergies de la nuit.

Ce calvaire dégage une très belle énergie d’ancrage et de sérénité, un monument qui fait corps avec le paysage. Il n’est pas posé sur un socle maçonné classique, mais directement érigé sur un énorme bloc de granit brut, intégré au muret de pierres sèches.

Le granit gris, résistant aux pires tourmentes climatiques, porte en lui une vibration de permanence et de solidité absolue. On devine nettement l’inscription « 1912 » gravée dans la masse de la roche de base.

C’est une année charnière, juste avant le grand bouleversement de la Première Guerre mondiale, formidable holocauste qui a dévasté des générations entières et a précipité l’Occident vers sa chute finale dont nous vivons les derniers soubresauts.

L’inscription « A LOUIS », sculptée dans un médaillon sous le Christ, donne à cette croix une dimension intime et mystérieuse, dont les origines se sont très certainement perdues avec le temps.

Un remerciement sans doute pour une protection obtenue, une maladie guérie, un retour espéré, plus encore. La silhouette sculptée en dessous — probablement la Vierge Marie en prière ou une sainte femme drapée — renforce cette idée de protection bienveillante et d’intercession.

On distingue plusieurs petits galets et pierres déposés intentionnellement à la base, rituel millénaire de voyageur, très vivant sur les chemins de pèlerinage de Saint-Jacques. Déposer une pierre au pied d’une croix, c’est y laisser symboliquement un fardeau, formuler un vœu ou simplement marquer sa gratitude d’être passé par là en toute sécurité.

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