Cette statue imposante taillée dans le bois se trouve dans l’église de Montagnac sur Lède en Lot-et-Garonne, ce qui m’a particulièrement interpellé pour ces trois représentations féminines que je n’avais jamais vues auparavant, dans aucune église.
Cette œuvre met en scène trois générations :
- Sainte Anne, la figure imposante à l’arrière-plan, qui soutient sa fille, la Vierge Marie.
- La Vierge Marie, assise devant sa mère.
- L’Enfant Jésus, nu et debout au premier plan.
Le style de la sculpture, avec ses formes robustes et son aspect un peu brut, évoque une facture populaire, probablement d’époque médiévale tardive ou de la Renaissance, conservant une influence des structures romanes que j’apprécie particulièrement.
La nudité de l’Enfant souligne son humanité (l’Incarnation), tandis que la superposition des personnages souligne la lignée sacrée. Contrairement à la Trinité dogmatique (Père, Fils, Saint-Esprit), cette représentation met l’accent sur le principe féminin et la puissance de la lignée maternelle, ce qui fait souvent écho aux anciennes traditions de la « Grande Mère » ou de la Terre Mère.

L’église Saint-Martin de Montagnac-sur-Lède est un cadre particulièrement cohérent pour cette statue de Sainte Anne trinitaire en raison de son histoire et de son architecture.
Le chœur de l’église, datant du XIIe siècle, est la seule partie proprement romane subsistante.
Sa structure et ses arcatures plein cintre sur colonnes créent une atmosphère de « mémoire de la pierre » qui s’harmonise avec le bois brut de cette statue. L’édifice a été agrandi aux XVe et XVIe siècles avec des chapelles latérales gothiques des espaces souvent dédiés à des cultes familiaux ou à des dévotions spécifiques, comme celle de Sainte Anne, très populaire à la Renaissance.
L’église abrite également un autel en bois doré de l’époque Renaissance et des fonts baptismaux anciens que j’ai pu photographier grâce à l’aimable participation d’une employée de la Mairie que je tiens à remercier chaleureusement.

Le Gardien du Lieu
Situé à l’entrée du cimetière, ce calvaire agit comme un « seuil ». Il sépare symboliquement le monde des vivants de celui de la mémoire, un thème qui s’accorde avec mon intérêt pour la symbolique des paysages et des monuments anciens.
Le ciel nuageux crée un éclairage diffus qui met en valeur les textures de la pierre. Dans une approche liée à l’alchimie, cela évoque le travail de la lumière sur la matière brute pour la transmuter.
Comme pour la statue de Sainte Anne que je veux mettre en valeur, nous retrouvons ici une structure ternaire.
La présence de Marie et Jean au pied de la croix symbolise l’équilibre entre la douleur humaine et l’espérance spirituelle.

