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Assis à la terrasse d’un café, je n’ai pu m’empêcher de frémir et surtout de vouloir vous faire partager ce moment quand cet amas de nuages se profilant à l’horizon d’un soleil déclinant, m’a fait penser à l’essentiel pour qui sait contempler chaque instant de vie qui nous échappe dans la confusion qui nous appartient pour ce qui nous paraît essentiel et pourtant, si dérisoire.

Souvent par ailleurs je médite tel l’initié ignoré de tous dans la multitude qui nous entoure, sur les nuages qui passent aussi rapidement que nos vies dérisoires, nous rappelant à l’humilité certes mais aussi à la contemplation dans une méditation intense.

Dans presque toutes les traditions, le nuage est le véhicule du sacré.

Dans les textes anciens, la « Nuée » cache et révèle à la fois la présence divine tel sur le mont Sinaï ou lors de la Transfiguration, récit majeur des Evangiles sur le mont Thabor quand un nuage lumineux vient envelopper les apôtres et que de cette « nuée lumineuse » sort une voix qui dit:

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour : écoutez-le ! »

La lumière est cachée derrière le nuage. On ne voit pas le soleil directement (ce qui aveuglerait), on ne voit que son rayonnement à travers la matière. C’est la définition même du mystère : le sacré se montre en se cachant.

La petite croix au sol jette une passerelle évidente entre la terre (le temple humain) et le ciel (le temple cosmique), en vous avouant que je ne l’avais pas vue en prenant la photo, simple hasard, je ne pense pas !

Cela invite à une méditation sur l’invisible.

Qu’est-ce qui éclaire ma vie alors que je ne peux pas voir directement le mystère insondable qui la gouverne ?

Me rapprochant en ce sens du fameux « Mondes des Idées » de Platon avec son allégorie sur la Caverne.

La contemplation de cette trouée lumineuse induit naturellement le silence mental, un sentiment de révérence et d’humilité face à l’immensité qui nous écrase et pourtant nous transcende.

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