Écoute… Ce n’est pas le simple frisson des feuilles que tu entends pour peu que tu lui prête ton attention, mais le souffle d’une voix très ancienne qui s’invite là où le vent te chuchote à voix basse tous les secrets de ceux qui ont marché ici avant toi, ceux qui t’ont précédé et ceux qui te suivront, à l’infini d’un monde qui ne s’éteint jamais.
Le long de ce chemin de terre où tant de pas se sont effacés, les arbres murmurent une complainte ancienne que seul le pèlerin sait entendre, accompagnant une solitude qui n’est pas un vide mais le poids invisible de tous les départs qui marquent cette quête où l’horizon recule à chaque pas dans le souffle continu du vent qui agite nos pensées.
À l’orée du fossé, cette fleur solitaire vêtue d’or délavée par le soleil, penche doucement la tête comme pour saluer l’exil de celui qui marche vers son destin, emportant dans sa besace le silence infini des grands espaces qui l’animent dans les méandres de son inconscient.

