Skip to content Skip to footer

Quel spectacle magnifique pour toute l’émotion qui m’étreint en stationnant avec LA ROULOTTE AUX ORACLES prés de l’abbatiale de Saint-Amand-de-Coly pour ce qui s’offre à moi en cette fin de journée et que j’entends partager avec vous.

Drapée dans sa robe de pierre dorée, cette abbatiale majestueuse se dresse à la lisière des bois comme une prière pétrifiée, un pont tendu entre le sol du Périgord et le silence du ciel qui nous étreint de toute sa force majestueuse.

Sa haute façade, creusée d’une arche vertigineuse s’ouvre sur l’invisible pour toutes les perspectives qui lui appartiennent, autant de siècles qui s’écoulent devant nous l’espace d’un instant. Je me sépare dès lors de l’agitation du monde qui nous entoure pour glisser dans l’ombre recueillie du sanctuaire qui m’appartient, là où le temps semble retenir son souffle.

Forgée comme un bouclier contre les orages de l’histoire, la citadelle ne protège pas seulement des hommes : elle abrite le feu intérieur, le dépôt sacré de la foi. Ses murs épais gardent la mémoire des prières chantées à l’aube d’un temps révolu, absorbant la lumière du soir pour la restituer en une douce tiédeur minérale que je ressens en mon corps intérieur.

Au creux du vallon, cette abbaye demeure à jamais telle un phare immobile, un ancrage où la pierre s’est faite esprit, invitant chaque passant à retrouver son propre centre pour peu qu’on lui prête attention, que l’on s’arrête et que l’on contemple le monde qui nous appartient enfin.

Un monde révolu à jamais.

Au détour du chemin, le sous-bois s’ouvre et l’édifice surgit. Le choc est immédiat, presque physique. La pierre sombre et dorée ne s’annonce pas : elle s’impose, dressée au milieu des arbres comme une sentinelle pétrifiée.

Le regard est aussitôt aspiré vers le haut par cette faille vertigineuse, cet arc gigantesque qui fend la tour. Face à cette masse immobile, la marche s’interrompt naturellement. Le bruit de ses propres pas s’éteint, remplacé par une gravité soudaine.

On ressent la force brute de la terre Périgourdine alliée à la verticalité du ciel. L’impression n’est pas celle de visiter un vieux bâtiment, mais de se tenir au pied d’un géant endormi. Une présence muette qui vous enveloppe, vous réduit au silence, et vous oblige à vous redresser pour recevoir sa lumière.

Fondée au XIIᵉ siècle sous la règle chanoine de Saint-Augustin, l’abbatiale Saint-Amand-de-Coly est un témoin d’architecture militaire et religieuse en Périgord.

Assiégée et en partie brisée au XVIᵉ siècle par les troupes protestantes du capitaine Geoffroy de Vivans, l’abbatiale perdit ses bâtiments monastiques annexes, mais sa structure défensive principale résista, préservant la nef intacte jusqu’à nos jours.

Marqué par les ravages de la guerre de Cent Ans et les pillages des grandes compagnies, le monastère est profondément remanié pour servir de refuge. L’élément le plus spectaculaire est cette façade-bouclier, dotée de murs épais de plus de 2 mètres et culminant à 30 mètres de hauteur.

L’immense ogive qui domine le portail n’est pas qu’un élément décoratif. Elle intègre un dispositif défensif complet comprenant un chemin de ronde intérieur, des machicoulis et des meurtrières, permettant de défendre directement l’accès à la nef en cas d’assaut.

L’édifice illustre la transition stylistique du Périgord. Le portail d’entrée à voussures brisées et le grand arc témoignent des débuts du gothique, tandis que la structure massive des volumes conserve la rigueur et l’austérité du roman.

Cette photo prise en contre-plongée le long de la muraille sud met en évidence le caractère défensif exceptionnel de l’abbatiale Saint-Amand-de-Coly.

On aperçoit la tour-donjon qui domine la façade ouest, rappelant que l’ensemble du monastère avait été conçu au XIVᵉ siècle comme une véritable forteresse autonome.

Sous la ligne de toit, la rangée de consoles et les petites ouvertures marquent l’emplacement du chemin de ronde supérieur. Ce dispositif permettait aux chanoines et aux habitants de circuler tout autour de l’édifice pour assurer la défense en cas de siège.

Les fenêtres en arc plein cintre sont volontairement restreintes et placées en hauteur pour ne pas fragiliser la structure face aux assauts et limiter les points d’infiltration.

Les épais piliers de pierre montent d’un seul jet pour soutenir le poids des voûtes et résister à la poussée des murs, donnant à cette nef latérale une allure d’enceinte castrale.

Cette plaque marque la bascule entre l’histoire monumentale de l’édifice et la mémoire intime du village.

Pour toutes les photos de vacances, de fêtes ou de moments du quotidien conservées par les habitants que j’ai pu voir tout au long du chemin de ronde, deviennent ici des archives sociologiques. Le monument cesse d’être une coquille de pierre figée pour redevenir le cœur vivant d’une communauté à travers le XXᵉ siècle.

Alors que les siècles ont vu l’abbaye s’effondrer et s’encombrer de décombres, c’est l’action d’un curé du XIXᵉ siècle, l’abbé Carrier, soutenu par les habitants, qui redonne de l’air au monument en dégageant ses bases. La grande histoire des chanoines rejoint ainsi le travail manuel des villageois.

La démarche de l’exposition réside dans le dialogue entre deux types d’images : d’un côté la vision travaillée de grands photographes (comme Robert Doisneau ou Jean Dieuzaide), de l’autre le regard spontané des clichés de famille qui nous rappellent une autre époque, celle d’une France qui appartient désormais au passé, à jamais révolu et annonciateur des plus grands maux de notre siècle.

L’artiste Cathy Gout « CatGout » se définit comme une illustratrice itinérante spécialisée dans le croquis sur le vif et la mise en valeur des monuments et villages de caractère.

Son travail s’inscrit dans la tradition des carnets de voyage — capturer l’atmosphère, la lumière et l’empreinte du temps sur la pierre.

L’affiche propose une visite de l’abbatiale en dessins à 360°, mariant l’art traditionnel du carnet de croquis avec une technologie d’exploration panoramique.

Le QR code renvoie vers son contenu numérique gratuit. Elle signe ses œuvres numériques sous le pseudo @CatGout.

Close