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Ce bas-relief qui ne m’a pas échappé dans une église romane au croisement d’un sentier GR menant à Compostelle est une sorte d’emblème ou d’enseigne de confrérie de pèlerins, ceux qui empruntent le « chemin », celui qui saura les ramener au centre « d’eux-mêmes », parallèle étroit avec le fameux labyrinthe qui figurait au sol dans toutes les cathédrales de France.

Sur un mode plus ludique avec le fameux jeu de l’Oie qui est le condensé aussi bien d’une vie que de notre cheminement en spirale, géométrie identique aux galaxies dans tout l’Univers, un jeu destiné aux enfants mais enclin à éveiller les adultes sans éveiller les soupçons d’une Inquisition féroce pour défendre les droits d’une Eglise figée dans ses dogmes et ses pouvoirs.

Ce qui est toujours le cas par ailleurs.

Il ne s’agit pas simplement d’un objet décoratif, mais d’une proclamation d’identité pour tous ces pèlerins, en particulier le célèbre chemin de Compostelle.

Cette pierre sculptée est surtout un puissant condensé de l’idéal du pèlerinage médiéval.

Elle célèbre la foi en marche, la protection divine, et la communauté de ceux qui ont tout quitté pour se mettre en route vers un lieu saint, guidés par la lumière de l’étoile.

Le bourdon est l’attribut classique du pèlerin au Moyen Âge. Il lui sert d’appui pour la marche, de défense contre les animaux, et il a aussi une valeur symbolique de « troisième jambe » qui représente la Trinité soutenant le marcheur sur le chemin de la foi.

Je ne peux manquer de vous engager sur une réflexion du célèbre « makila » qui appartient au Pays Basque.

La disposition en croix de Saint-André (le « X ») est un symbole héraldique puissant et peut aussi évoquer la croix du Christ, rappelant que le pèlerinage est un acte de dévotion religieuse. Cette croix de Saint André est aussi un héritage celtique que les écossais ont conservé.

Visible sur la gauche, au-dessus du croisement des bourdons, la coquille de saint jacques est le symbole le plus reconnaissable du pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela).

Les pèlerins la ramassaient sur les côtes de Galice comme preuve de l’accomplissement de leur voyage. Les stries de la coquille convergent vers un même point, représentant les différents chemins de pèlerinage convergeant vers un même but (la tombe de l’apôtre Jacques) et, par extension, les différentes âmes convergeant vers Dieu.

Encore une fois, rien de nouveau puisque la nature nous indique le « chemin » sur le mode de la spirale déjà évoqué (voir le nautile) et se trouve gravé dans sa création sans que la main de l’homme n’intervienne. Voir à ce sujet la suite de Fibonacci pour les pétales de fleur qui obéissent aussi à cette projection.

Cette coquille est devenue un talisman protecteur pour le voyageur que l’on rencontre, soit sous forme iconographique, artistique ou tout simplement matérielle.

On voit plusieurs étoiles sur la sculpture : une grande étoile à six branches en haut, et une plus petite, à cinq branches, en bas. Le nom « Compostelle » viendrait du latin « Campus Stellae« , signifiant « Champ de l’Étoile ».

La légende raconte que la tombe de saint Jacques a été découverte au IXe siècle grâce à une étoile miraculeuse guidant un ermite. Les étoiles symbolisent donc le guide céleste, la lumière divine qui oriente le pèlerin dans l’obscurité et la confusion du monde.

Cette étoile n’a rien d’anodin puisqu’elle a aussi guidé les rois mages dans leur quête d’un enfant divin né du Saint-Esprit et sauveur du monde, lumière dans l’obscurité de nos propres turpitudes qui nous guide vers le salut de notre âme, telle est mon interprétation de médium.

On peut s’interroger bien entendu sur la part de la réalité d’une légende qui ne nous appartient plus, pour peu que nous soyons éveillé à ce qui dépasse notre réalité du quotidien.

Sur la partie droite de la pierre, on peut distinguer la représentation d’un petit rouleau de parchemin ou d’un manuscrit. Cela peut représenter les Évangiles, la source d’inspiration du pèlerin, ou encore un document de pèlerinage comme le « Codex Calixtinus«  (un guide médiéval pour les pèlerins de Saint-Jacques).

C’est le symbole de la transmission de la foi et du savoir, tout autant de la survie du pèlerin au long de son cheminement pour l’héberger et le nourrir, identique à la « credencial » sous une forme plus identitaire que je ne partage pas puisque chacun de nous est un pèlerin, sans distinction de race, d’origine sociale et encore moins appartenant à telle ou telle chapelle, surtout religieuse par ailleurs

Nous sommes tous des pèlerins sur la planète Terre, ignorants de notre origine (le centre), déportés ou ce que certains diraient (exilés), mais soucieux de rejoindre le centre c’est à dire notre origine (qui étions-nous avant de naître).

Voilà la question fondamentale qui devrait gouverner notre vie et nous engager pour le meilleur.

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