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Au cours d’une randonnée aux alentours de Sare, je n’ai pu manquer de me recueillir dans cette enceinte sacrée avec son colombarium et surtout ce magnifique dolmen au centre, monument qui n’est pas d’origine mais l’œuvre d’un artiste contemporain qui par ailleurs, ne défigure pas le paysage environnant et se conforme à la tradition basque dans son excellence.

Ce columbarium ne se contente pas d’imiter le passé ; il réactive une cosmogonie précise.

En basque, le mot « baratze » désigne aujourd’hui le potager, mais il désignait autrefois le cimetière (souvent situé autour de l’église).

L’analogie est forte : le cimetière est le « jardin » où l’on sème les morts pour que le lien avec la terre ne soit jamais rompu en se calant sur une forme circulaire qui représente l’unité du clan mais surtout la circularité du temps (voir à ce sujet le symbole de l’Ouroboros).

Sans la mythologie basque, les monuments mégalithiques sont souvent associés aux « Jentilak », ces fameux géants païens possédant une force surhumaine, analogie étroite avec les fameux Elohim de l’Ancien Testament qui enfantèrent les Nephilim de la race des géants.

Le Pays Basque est une terre de fortes traditions catholiques où l’inhumation en terre a longtemps été la seule norme.

Ce columbarium marque une étape importante :

  • Réconciliation culturelle : En utilisant un design pré-chrétien (le dolmen) pour accueillir des cendres (pratique moderne), la commune de Sare permet aux familles de choisir la crémation sans avoir l’impression de trahir leur identité basque.
  • Démocratisation de l’espace : Le muret est composé de niches identiques. Cela rappelle les stèles discoïdales (Hilarri) des anciens cimetières basques, qui étaient souvent de taille similaire pour souligner l’égalité de tous devant la mort, au-delà du rang social de la « maison » d’origine.

Le choix de ne pas construire en hauteur préserve la ligne d’horizon.

Depuis le centre du cercle, l’œil du visiteur n’est pas arrêté par des murs, mais glisse vers les montagnes environnantes.

Cela crée une continuité entre le défunt, la pierre et le paysage de Sare, classé parmi les « Plus Beaux Villages de France ».

Ce lieu est un « lieu de mémoire » : il ne sert pas seulement à stocker des urnes, il sert à enseigner.

Un visiteur ou un enfant du village qui voit ce monument s’interroge sur les rites de ses ancêtres du Néolithique, maintenant ainsi vivante une culture qui a plus de 5 000 ans.

Et telle fut mon émotion quand j’ai abordé ce lieu qui m’a rencontré plutôt que de l’avoir découvert.

Rien n’est dû au hasard dans le monde spirituel.

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