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L’Astre Déclinant qui guide nos Pas.

La route que j’emprunte n’est jamais rectiligne en serpentant vers un horizon fixé dans le temps.

Cette image de l’Aubrac au crépuscule est une véritable invitation à la contemplation, moment figé de stupeur quand le monde tremble entre « chien et loup », pour entamer un dialogue nocturne propice à toutes les rêveries.

Cette émotion est le symbole du pèlerin qui accepte toutes les vicissitudes de la vie pour tous ses détours, quand la marche et la solitude qui l’accompagnent font penser aux récits de Robert Louis Stevenson avec son inoubliable « voyage dans les Cévennes avec un âne », ou à Julien Gracq dans ses carnets du « Grand Chemin », fil tendu vers l’inconnu qui nous attire tel un phare.

Cette lumière rasante que je recherche tout particulièrement pour inspirer mes voyances, que les photographes nomment l’heure dorée, transforme ici la géographie en une véritable théophanie, c’est-à-dire une manifestation du sacré quand l’on ne sait pas si l’astre s’élève ou se couche et que l’on se situe entre deux mondes qui peuvent tout autant nous voir naître (re-naître) ou tout simplement nous consumer dans la mort qui peut rimer avec amour pour la langue des oiseaux qui m’est si chère pour ma culture alchimique.

L’Aubrac est une terre de passage millénaire, notamment pour les pèlerins qui ont emprunté en son cœur tant de routes sacrées, pour aller vers l’Ouest la terre des morts ou des ancêtres qui nous ont précédé dans d’innombrables traditions, mais aussi pour l’espérance d’une renaissance.

En nous dépouillant des scories de notre existence nous pouvons prétendre à l’éternité en ne possédant rien sinon cette vision majestueuse d’une nature où le bitume gris se transforme en or par la seule contemplation de ce soleil qui devient dès lors comme une présence quasi divine, l’image de l’âme cherchant sa source dans cet univers en perdition.

Souvenons-nous du conte pour enfants (pas seulement), du Petit Poucet.

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